“ I just wanted to speak English “
Plus je m’enfonce dans l’énorme décharge d’agbogbloshie, plus le ciel s’obscurcit. Ce sont les fumées noires des « burners » qui récupèrent le cuivre. Ils opèrent au pied d’une colline, sur laquelle, des silhouettes d’hommes et de vaches se dessinent à travers les nuages toxiques. En m’approchant, je réalise que la colline est une accumulation de déchets. Des tonnes de vêtements, de sacs plastique et de carcasses de produits ménagers arrivent ici chaque semaine. J’emprunte un des sentiers creusés sur le flanc de la colline pour arriver au sommet. Une vingtaine de personnes travaille en haut. Ils sont le dernier maillon de la grande chaine du recyclage. Adolescents pour la plupart, ils fouillent dans ce qui n’intéresse plus personne. Ils sont ghanéens, mais aussi nigériens ou togolais et comme Faruk, ils ont dû quitter leurs villages lointains. La première fois, ils sont un peu méfiants, mais petit à petit, ils acceptent de poser pour moi. Ils me parlent de leurs rêves d’aller en Europe ou aux États-Unis. Je me souviens de cette jeune fille à l’œil malicieux et dont le parfait accent anglais contrastait avec le « pidgin » (créole anglophone) local. Elle n’a pas voulu que je la prenne photo, elle n’avait qu’un souhait : “ I just wanted to speak English “
#ghana
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